vendredi 18 octobre 2019

Sardaigne, le nord de l’île, une découverte perpétuelle.


Spécialiste de la Corse, Anthony rend régulièrement visite à la Sardaigne.

Il revient à chaque fois de l’île voisine avec un nouveau parcours et la certitude de tenir le meilleur itinéraire possible.

L’édition 2019 n’a pas dérogé à la règle.

Aujourd'hui, nous vous proposons de découvrir un article paru dans le magazine Voyages à moto édition automne 2019.

Texte et photos : Anthony Laplagne.


Voilà douze ans que je me rends annuellement en Sardaigne pour en parcourir les meilleurs itinéraires - à pied, à vélo ou, bien sûr, à moto.

Cette année, mon fils, Kevin, vient d'obtenir son permis A2 et s'est acheté une petite Honda CB500F que nous avons aussitôt équipée pour un road-trip en Sardaigne.

De mon côté, ayant décidé d'ajouter des Harley Classic Heritage à notre parc de location en Corse, j'ai profité de cette escapade familiale pour roder et tester un de ces jolis customs.

L'idée est simple: passer cinq jours sur l'île italienne à sillonner les plus belles routes, voire les plus beaux sites, bien manger, bien boire ... et, naturellement, rentrer avec de nouvelles étapes et activités à proposer à nos clients.

Moins d'une semaine sur place, cela m'oblige à laisser de côté une partie de la Sardaigne pour ne pas faire de ce trip un vrai marathon. Je fais le choix de zapper l'extrême sud et le Sud-Ouest qui sont pourtant de belles régions. Nous y reviendrons une autre fois….

Etapes gastronomiques


Nous voilà partis d'Ajaccio de très bonne heure. Trop tôt, dirait Kevin qui, bien endormi dans un coin perdu du ferry, a failli rester sur le bateau qui continuait pour la Tunisie. j'imagine sa tête à son arrivée, seul, à Tunis ...

Notre première étape depuis Porto Torres est assez courte mais les arrêts sont nombreux. Nous découvrons les anciennes mines d'argent abandonnées, dégustons nos premiers plats sardes (excellentes saucisses et calamars frais accompagnés de légumes du jardin), passons par les points touristiques incontournables comme la Grotta di Nettuno avant d'atteindre Alghero et son sympathique centre-ville fortifié.

L'itinéraire est plutôt champêtre, sans circulation et à part deux serpents s'accouplant au milieu de la chaussée à éviter, tout s'est parfaitement bien passé.

La Harley
Les motos vont bien. La Harley m'a cependant vite fait comprendre qu'elle n'aimait pas rouler sur le sable et nous sommes tous deux tombés d'accord sur le fait que je n'allais plus recommencer.

Alghero est un petit bonheur le week-end, tout le monde sort. La musique résonne et les petits plats sont là, une fois que vous avez toutefois pris soin de vous écarter de la place touristique près du port.

A nous le Cannonau ! Se mariant avec toutes les viandes, les pâtes ou le risotto, ce vin rouge sarde est un véritable plaisir pour tous les amateurs. Pour ceux ou celles qui préfèrent le blanc, il existe aussi d'excellents crus. La Sardaigne m'étonnera toujours par la diversité et la complexité de ses vins issus très souvent de tout petits producteurs.

Notre itinéraire se poursuit vers Alghero. Nous suivons le bord de mer sur une côte très sauvage, avant de prendre le chemin des terres peu après le château fortifié de Bosa qu'il est possible de visiter. Un bref arrêt sur la petite place au centre-ville est aussi une bonne occasion de pause pour déguster un cappuccino ou une glace artisanale.

Le maquis s'installe et, de village en village, nous découvrons la vie de l'intérieur. Les nuraghes, ces sites archéologiques d'un autre temps, se succèdent et nous montrent la richesse d'une île où la vie foisonne depuis des siècles. C'est une spécificité sarde qui ne cesse de me surprendre au fur et à mesure que je visite ces sites nuraghiques, extrêmement nombreux par ici.

Nous traversons l'île pour rejoindre le Gennargentu, une zone très peu touristique que j'affectionne tout particulièrement. Les paysages sont splendides entre de denses forêts et des routes de crêtes aux vues imprenables. Nous y rencontrons des températures très fraîches qui nous obligent à nous réfugier chez l'habitant où nous dégusterons des fromages et de la charcuterie locale, accompagnés de l'eau de vie du village.


Entretenir le corps et la mécanique


Kevin apprend aussi qu'il faut s'occuper de sa moto et qu'il ne suffit pas de rouler avec pour qu'elle soit en bon état. Un passage dans une station-service sera l'occasion de graisser sa chaîne afin de lui permettre de finir le séjour. Il y apprendra aussi comment enlever les points de rouille qui commencent à envahir la fourche.

Sur la route
Il sait désormais qu'on peut improviser un séjour à la dernière minute mais qu'il faut toujours s'assurer que sa moto est prête pour l'aventure. Pour l'heure, notre périple se poursuit à travers une série de lacets hyper serrés. Nous sommes même parfois obligés de rouler en première entre deux parois de falaises sur une route à plus de 12 % faisant 1,50 mètre de large.

Je doute un moment des capacités de braquage de la Harley avant de réaliser que c'est moi qui stresse, pas la moto ! Pour elle, ça passe. Une fois en haut, un magnifique point de vue récompense nos efforts. Quel endroit magique. je pensais avoir tout vu en Sardaigne ? Quelle erreur. Voilà un superbe plus pour mon tout nouveau séjour sur l'île ...


Et glou, et glou....


Notre hôte du soir est aussi chef cuisinier et met un point l'honneur à nous faire goûter ses coglioni, des pâtes fourrées selon les produits de saison. Je ne peux que vous laisser imaginer le bonheur de déguster les versions aux cèpes ... Sincèrement, à lui seul, ce plat vaut le déplacement en Sardaigne! Et accompagné du Cannonau local, c'est tout simplement divin.

Grotte en bord de mer

Une nuit de repos et quelques kilos en plus, nous voilà de retour sur la route. Plus on avance et plus j'ai les pieds à plat sur la route ; je mets ça sur le compte du réservoir plein et pas sur les petits plats qui s'enchaînent au fur et à mesure de notre road-trip.

Ce matin, nous avons rendez-vous avec les villages abandonnés, les vignes et quelques criques cachées avant de prendre la route la plus connue de Sardaigne, la SS125. Elle vaut le déplacement. même si nous en avons trouvé d'autres au moins aussi belles et bien moins fréquentées. Attention aux Autrichiens et aux Allemands qui déboulent en BMW à toute vitesse de chaque virage.

Pour les sportifs, quelques magnifiques randonnées pédestres testées par mes soins sont faisables dans cette zone. Elles se font en boucle ou aller-retour afin de pouvoir revenir à la moto.

Une fois passées les zones ultra touristiques de la côte Est, nous revoilà partis dans de petits villages afin de profiter de la vraie vie sarde et de découvrir de nouveaux délices locaux comme l'anguille ou le porcelet à la broche.

Et pourquoi ne pas faire cela dans un bel hôtel familial avec piscine en plein cœur de la pinède ? C'est aussi l'occasion de profiter de la bière locale, l'ichnusa, je la trouvais jusqu'ici un peu fade mais depuis qu'une version non filtrée est sortie sur le marché, elle est devenue bien plus intéressante.

Cette étape est la dernière dans les terres avant de voir les îles Maddalena qui me tiennent à cœur.

Forêt de chênes liège
Mais avant cela, je fais découvrir à Kevin une autre splendide route de Sardaigne qui nous permet d'éviter le trafic intense de la côte. Nous circulons au milieu de forêts de chênes-lièges rappelant des scènes du Seigneur des Anneaux et d'autres paysages dignes de l'Irlande avec ses troupeaux de moutons.

Nous ferons un arrêt impromptu pour éviter une belle tortue d'Hermann et l'aider à traverser la route... Un bac permet de réaliser le saut de puce qui sépare la Sardaigne de l'archipel de la Maddalena. Pas de réservation à prévoir, deux compagnies assurent la traversée et il y a un départ quasiment toutes les 20 minutes.

Nous roulerons sur l’île de la Maddalena ainsi que sur Caprera que nous rejoignons via une jolie petite route surplombant des eaux turquoise.

Pour les amateurs d'histoire, c'est à Caprera que Garibaldi, un des pères de la nation italienne, est enterré, après avoir décidé de passer le restant de ses jours dans ce petit paradis.

Les routes de l'île de la Maddalana
Une bonne glace italienne plus tard, nous prenons le bac de retour pour rejoindre Santa Maria Teresa et le ferry qui nous ramènera en Corse. Le ventre bien rempli et la tête rassasiée de nouveaux souvenirs.

Cette île n'a décidément pas fini de me surprendre ...


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